Salut l’Ami !

robert-hirsch2Robert Hirsch est décédé hier à l’âge de 92 ans.

Immense comédien de théâtre, premier prix du Conservatoire en 1948, sociétaire honoraire de la Comédie Française et le record de 6 Molière.

La scène était sa religion. 65 ans de carrière sur les planches. Il a tout incarné : Arlequin, Scapin, Néron, Tartuffe, Richard III, … De Shakespeare à Feydeau, de Brecht à Guitry, de Beckett à Goldoni, de Pinter à Zeller.

Charismatique au théâtre, il fut sans doute effrayant pour le cinéma mais pas pour Delannoy qui l’enrôla à deux reprises :

En Gringoire, amoureux de la belle Esméralda dans « Notre-Dame de Paris » en 1956;

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puis en 1959 dans « Maigret et l’affaire Saint-Fiacre » pour le rôle de Lucien Sabatier.

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Maigret (Jean Gabin) revient au village de son enfance, dans l’Allier, au château de Saint-Fiacre, dont son père a été régisseur. La comtesse (Valentine Tessier) a reçu une menace de mort anonyme. Elle meurt pendant la messe, d’une crise cardiaque. Maigret apprend que Mme de Saint-Fiacre était très fragile du coeur et découvre qu’une main criminelle a glissé dans son missel une coupure du journal local annonçant faussement le suicide de son fils, noceur et prodigue (Michel Auclair). Les soupçons se porteront sur le jeune comte et sur Sabatier, le secrétaire et amant de la comtesse (Robert Hirsch). Mais, au cours d’un dîner et d’un fameux coup de gueule, Maigret confond le coupable, tout à fait inattendu : Emile (Serge Rousseau), fils du régisseur (Camille Guérini)… A voir et revoir !

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Laissons nos portes ouvertes !

Mais oui !
Finalement après ce grand rendez-vous de la fin octobre c’est bien l’idée qui trottine dans toutes les têtes. Maintenant nous avons réellement une vue du potentiel formidable de ce lieu d’exposition : accès et stationnements extérieurs, bureaux administratifs, hall d’accueil avec billetterie, espace d’exposition permanente et petit espace commercial, une salle de projection argentique, magnétique et numérique quasi opérationnelle et … et… l’espace d’exposition de 1.000m2 dédié au Métiers et Techniques du Cinéma.

Avec ces deux jours de portes ouvertes, l’association avait deux objectifs :

1/ Démontrer la faisabilité de son projet avec le lancement officiel, sous contrôle d’huissier de justice, de son Programme de souscription et la remise des mains de Charles Dupont, arrière petit-fils de Jean Delannoy, à Denis Joulain des toutes premières donations.

Denis Joulain et Charles Dupont

2/ Présenter aux élus locaux et adjoints à la culture des communes voisines, la vision patrimoniale et pédagogique du futur Musée des métiers et techniques du cinéma à travers la création de plusieurs espaces d’exposition.

Premier espace, celui de l’hommage rendu à la collaboration entre Gina Lollobrigida et Jean Delannoy: 3 films dont un chef d’oeuvre patrimonial français et la mise en valeur de nombreuses pièces de la Collection Les Amis de Jean Delannoy. Charles Dupont nous fait la visite…

 » Notre-Dame de Paris en 1956 qui fit de Gina l’inoubliable Esméralda. Affiches géantes de l’année de sortie, nombreuses photos de tournage, comme ici la vue du décor extérieur du parvis de N-D de Paris réalisé à Boulogne Billancourt, mais aussi celles des intérieurs avec la fameuse scène où Quasimodo saute de cloche en cloche ou encore de balcons en gargouilles pour offrir une fleur à son amour impossible…
Et bien oui, Messieurs, Dames, tout était en bois et en plâtre et le parvis de la cathédrale entièrement reconstruit ! Sans doute le décor le plus cher du Cinéma français et c’était en 1955. Alors Avatar et Tintin, c’est bien joli mais c’est de la technologie numérique et des ordinateurs. Pour Notre-Dame de Paris c’était  plus de la moitié du budget en décors médiévaux, un véritable génie de la décoration René Renoux et ses centaines d’artisans, constructeurs, menuisiers, peintres, plâtriers…

 Mais ce n’est pas tout… Regardez bien cette fameuse robe rouge…

Et bien mon arrière grand-père a toujours dit qu’elle cachait une véritable « entreprise de reconstruction de poitrine » avec strapping et bonnets rehausseurs ! Je ne sais pas exactement ce que cela signifie, Messieurs Dames, mais on m’a dit que cela relevait des métiers hautement techniques du maquillage et du costume…

Ah j’oubliais pour l’histoire, oui c’est ça le scénario, cela part bien sûr de Victor Hugo mais attention vous y ajoutez les plumes magistrales de Jean Aurenche et de Jacques Prévert. Ce n’est pas rien tout de même !

Suivez moi Messieurs Dames pour le deuxième film de Delannoy et Lollobrigida. Il s’agit de « Vénus Impériale » , excellent film que vous pouvez retrouver en DVD dans la Boutique du Musée avec l’excellente Collection de notre partenaire Gaumont…

Vénus Impérial, c’est en 1963, et cela reflète la grande époque des coproductions franco-italiennes.

Sur l’histoire de Pauline Bonaparte (Gina)  devant rejoindre son frère Napoléon (Raymond Pellegrin) en Italie et qui multiplie les aventures amoureuses et les scandales, ce film est un hymne à la beauté de Gina Lollobrigida alors grande star italienne. L’occasion pour le Musée de sortir quelques clichés permettant d’apprécier le rôle du réalisateur dans sa mission très inspirée de direction d’acteur !


Le troisième opus de cette collaboration que nous vous présentons Mesdames et Messieurs interviendra peu de temps après, en 1966 et toujours sous le couvert d’une coproduction franco-italienne : « Les Sultans ».

On m’a toujours affirmé que ce n’était pas un des plus grands films de mon arrière grand-père. Mais il faut dire que l’histoire est adaptée du roman de Christine de Rivoyre, et que pour les besoins de la production, c’est Jean-Loup Dabadie qui travaillera l’adaptation pour modifier complètement les personnages et construire une premier rôle sur mesure pour Gina. A en voir le scénario original de Delannoy, ses annotations, ratures et suppressions, on imagine que les discussions étaient vives autour de cette nouvelle mouture de l’histoire…

Nous voici arrivés au terme de cette exposition temporaire Lollobrigida / Delannoy. Je vous rappelle que le DVD de Vénus Impériale est disponible à la boutique du Musée ainsi que les livres de Jean Delannoy, des affiches, des photos, etc…

A votre droite dans la Salle de projection démarrera dans 5 minutes la projection de Notre-Dame de Paris qui est inclue dans votre billet d’entrée…

Et pour ceux qui souhaitent me suivre nous allons maintenant entrer dans l’Espace des métiers et techniques du cinéma construit en collaboration avec Bernard Chateau et sa magistrale collection de l’univers cinématographique des années 50. Ce mois ci les métiers de la décoration sont mis à l’honneur.

Mesdames et messieurs, approchez et observez cette reconstitution du décor technique de plateforme arrière d’autobus parisien inspiré de celui d’Eric Schmitt pour le film de Guy Lacour « Le costaud des Batignolles » (1951).


Voyez la découpe du véhicule permettant de la positionner aussi sur une voiture travelling, les soucis du détail comme cette grande découverte d’une rue parisienne ou encore cette sonnette qui fonctionne et les positionnements des projecteurs selon les angles et mouvements de caméra… Allez, venez ! Montez dans le bus et regardez sur l’écran le résultat final…

Tiens justement à propos de caméra regardez bien celle là. On est toujours dans les années 50, il s’agit de Mademoiselle Dolly MITCHELL née à Hollywood en 1955. Avec ses oreilles de Mickey pour recevoir les bobines 35mm de 300 mètres, elle est en France LA star des années 60 et 70.

Devant vous l’exemplaire de la société Chevreau qui a enregistré, entre autres, les images de « La grande vadrouille », « Le corniaud » et « Borsalino ». Ah si seulement elle avait la parole, elle nous en raconterait des belles anecdotes de cinéma !

Des histoires croustillantes, comme celles que Jean Gabin devait raconter à ses maquilleuses dans sa loge de maquillage des Studios de Boulogne Billancourt

Ici, Mesdames et Messieurs, si la loge est reconstituée plus ou moins librement c’est en tous cas autour de son véritable fauteuil de maquillage !

Oui c’est dans ce fauteuil que Jean-Alexis-Gabin Moncorgé s’est assis avant de prendre la peau des plus grands rôles du cinéma français.
Voilà Mesdames et Messieurs, c’est avec ce Trône que notre visite de l’Espace des métiers et techniques du cinéma s’achève.

N’oubliez pas maintenant de passer à la boutique du Musée. Vous y trouverez des posters et des points de croix, des assiettes et verres souvenirs, des stylos et gommes personnalisés, aussi des cendriers à l’effigie d’acteurs et réalisateurs, ou des tabliers de cuisine aux imprimés cinéma très réussis, des livres sur les grandes stars du cinéma, et les dernières recettes de Jean Delannoy, et encore les DVD de Disney Quasimodo, du spectacle musical  Notre-Dame de Paris, il y aussi des affiches, pleins de photos et reproductions, des gadgets qui ne servent à rien, des tee-shirt imprimés qui se délavent très vite, les derniers magazines poeple, tout sur le dernier régime de Johana…

– EH !!!   STOP CHARLES!!!  QU’EST CE QUE TU RACONTES, IL N’Y A PAS TOUT CELA A LA BOUTIQUE.
– Ah bon ? Mais alors cher Denis, comment il va vivre le Musée de mon arrière grand-père ?
– Et bien pour cela, il y a le Programme de souscription que je viens de lancer officiellement avec ta grand-mère…
– Ah OK ! Alors je termine ma visite comme ça :
« Mesdames et messieurs avant de quitter cet endroit n’oubliez pas de remplir un formulaire de souscription et de nous le retourner le plus vite possible… N’oubliez pas que jusqu’au 31 décembre, une partie de votre don est déductible de votre prochaine imposition ! »

 

Ce n’est pas encore le temps du terminus pour Les Amis de Jean Delannoy…